Comment Watzlawick a changé ma vision du monde

J’ai rencontré Watzlawick en lisant « Faites vous-même votre malheur ». J’ai d’abord cru qu’il s’agissait d’un de ces Américains qui vous explique mieux que tout le monde comment réussir sa vie et gagner beaucoup d’argent. Et puis, j’ai été rapidement conquise par le ton léger de cette parodie.

J’ai embrayé ensuite avec « Comment réussir à échouer ». Ces petits livres bourrés d’humour m’ont aidée à comprendre à quel point le bonheur ou le malheur, la réussite ou l’échec sont dans le regard (et donc dans les actes). Le plus souvent, c’est nous qui créons les conditions de nos échecs.

Les prophéties auto-réalisatrices

(c) Dino Quinzani Devil's eye
Devil’s eye‘ par Dino Quinzani (CC BY-SA 2.0)

C’est ce qui se passe dans la superstition, quand on croise un chat noir, par exemple. Tout à coup, on s’attend à avoir des ennuis, on est attentif à ce qui pourrait arriver. Inquiet même. Et c’est cette inquiétude qui va nous conduire à accorder plus d’importance aux événements négatifs, voire même à les provoquer.

C’est un peu ce mécanisme psychologique qui se met en place quand on a une mauvaise image de soi, quand on se dit « j’essaie, mais je sais que ça ne va pas marcher. » C’est en effet une tendance que je combats. Pourquoi cette phrase est-elle pernicieuse ? parce qu’elle nous empêche de réussir. En imaginant l’échec, on commence déjà à construire des obstacles qui vont nous barrer la route de notre objectif. On part déjà perdant. Une des stratégies de la thérapie brève est au contraire d’imaginer la sortie de la maladie et les avantages de la guérison. Cette technique peut sembler triviale, banale, une simple remarque de bon sens. Mais je crois au contraire que ce conseil contient une petite sagesse. Utiliser son imagination dans le bon sens, c’est-à-dire vers le haut, vers la réussite, permet de porter son attention sur les progrès. L’imagination est en quelque sorte le chaînon manquant vers la réussite.

'Dunce' par Gary Birnie (CC BY-ND 2.0)
Dunce‘ par Gary Birnie (CC BY-ND 2.0)

Cette sagesse se laisse aussi transposer dans un domaine qui me tient à cœur : la pédagogie. C’est à l’adulte de suggérer à l’enfant qu’il a les capacités nécessaires pour résoudre une difficulté. Il faut supposer l’enfant aussi bon qu’on voudrait qu’il le fût. Ainsi l’enfant tend un peu à se conformer à ce jugement bienveillant. C’est ce qu’on appelle l’effet Pygmalion.

Dans un prochain article, je vous raconterai comment la lecture de Watzlawick a aussi changé ma relation aux autres.

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2 réflexions sur “Comment Watzlawick a changé ma vision du monde

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