3 différences entre la psychanalyse & la thérapie brève

Watzlawick donne des conférences pour vulgariser la thérapie brève développée par l'école de Palo AltoLa thérapie brève est née dans les années 60 à Palo Alto sous l’impulsion de Watzlawick et de son équipe. Tant dans la pratique que dans la théorie, elle s’oppose à la psychanalyse de Freud. Watzlawick a du mal à cacher son antipathie.

3 points de rupture, 3 éclairages pour mesurer l’écart et comprendre cette révolution thérapeutique qui nous vient de Californie.

#1. La durée de la cure

Une cure peut durer une décennie, plusieurs, toute une vie – une rente pour le psychanalyste ! Dans la thérapie brève, au contraire, on vise l’efficacité : 10 à 15 séances doivent suffire. A quoi ? Non pas sans doute à régler définitivement le problème, mais au moins à guider le patient vers un mieux-être. Il est sur la voie d’une guérison dont il sera l’auteur.

#2. Le bagage théorique

Freud élabore des hypothèses sur le fonctionnement de la psychè humaine : inconscient, complexe d’œdipe, refoulement, surmoi… C’est à partir de ces postulats que le système se construit. Le thérapeute doit connaître la théorie pour soigner dans les règles de l’art. Or, Watzlawick, en bon Américain pragmatique, se méfie de la théorie et de ses hypothèses invérifiables. L’esprit est comme une boîte noire qu’on ne peut pas ouvrir. On se borne à mesurer les input et les output, les stimuli et les réactions. En un mot, peu importe la théorie, seule la pratique compte – et ses résultats à court terme.

#3. La position du soignant

Le psychanalyste est en retrait par rapport à son patient, se gardant d’intervenir, cherchant à effacer sa présence. Voyez la mise en scène du divan : confortablement installé, l’analysé ne voit plus celui à qui il parle. Le dialogue se transforme en simili-monologue. Mais, objecte Watzlawick, on ne peut pas ne pas influencer ! Même dans le silence, l’analyste communique. Le thérapeute de la vague outre-Atlantique assume cette influence et s’en sert pour orienter le patient vers une résolution de son problème.


Dans un prochain article, je vous parlerai de l’hommage que Watzlawick rend à la psychanalyse.

Sur le même thème : pour un aperçu pratique de la thérapie brève, « Oui, mais… »

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3 réflexions sur “3 différences entre la psychanalyse & la thérapie brève

  1. Ayant moi-même suivi une analyse, je pense que la chose la plus importante que m’a apporté l’analyse est la capacité à décrire avec des mots mon état intérieur.
    Par exemple, « je suis en colère à cause de moi-même » signifie que je ne me suis pas arrêté à la cause première de ma colère, je suis allé au delà des apparences pour chercher la cause réelle.
    Une thérapie brève n’apportera aucune clé pour décrire ses états, et les individus peuvent toujours considérer que leurs problèmes ne viennent pas d’eux-même.

    Le problème principal de la psychanalyse est que l’outil intellectuel est le pire possible pour appréhender l’être humain. J’ai croisé quelques psys, mais qu’est-ce que ça cogite à l’intérieur de leurs têtes !
    L’intellect ne permet de résoudre aucun de nos vrais problèmes existentiels, parce qu’il n’y a pas de réponse.

    Enfin, et c’est un point de vue personnel, les différents niveaux de conscient/inconscient (avec le ça, le moi, le surmoi) est une absurdité.
    L’analyse des rêves ne sert à rien, si ce n’est à se regarder le nombril sous toutes ses formes.
    J’ai aussi découvert que l’inconscient n’existait pas réellement.
    Tant que la frontière entre le « mental » et les pensées n’est pas visible, l’inconscient mystérieux semble exister. La méditation permet notamment de percevoir le système des pensées.

    Peut-être que l’analyse se termine quand le patient en a marre de se regarder sous toutes les coutures, mais vu la fascination que chacun a pour ses propres obsessions, je ne pense pas que cela fonctionne, mais bon, ça arrange bien le psychanalyste !

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    1. Merci pour votre retour. C’est toujours intéressant de connaître le ressenti de l’analysé, grand absent des études à mon avis. La psychanalyse s’appuie en effet beaucoup (trop ?) sur la réflexion. C’est un de ses points faibles.

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  2. Ping : Hommage à Freud | les Paradoxes de la Communication

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